Android
Rédaction Mobilsfera
Android

Android 17 sur 1 % des mobiles : jugez Google sur le déploiement, pas sur les années

Quatre mois après son lancement, Android 17 fait moins bien qu'Android 8.1. Les promesses de support à long terme séduisent, mais seul le rythme de déploiement prouve qu'elles sont tenues.

Publié
30 octobre 2026
Lecture
3 min
Catégories
Android

Image générée par IA

À quoi sert une promesse de mise à jour si presque personne ne la reçoit ? Quatre mois après la sortie d'Android 17, la réponse est inconfortable: la version tourne sur environ 1 % des appareils Android actifs, une part inférieure à celle d'Android 8.1 Oreo, une version de 2017.

Ce que disent les chiffres

Google ne publie plus de tableau public des parts de chaque version. Le média allemand heise a donc refait le calcul cette semaine à partir des chiffres cumulés d'Android Studio, comme le rapporte Frandroid. Android 17 est déployé depuis le 16 juin et plafonne à 1 %, tandis qu'Android 8.1 pèse 1,5 %. Android 16 arrive désormais en tête avec 25,4 %, contre 7,5 % en décembre 2025, et 43,6 % des appareils actifs tournent encore sous Android 13 ou une version antérieure.

Une réserve s'impose. Le relevé de décembre pour Android 16 date d'environ six mois après son lancement, alors qu'Android 17 n'en compte que quatre. Les données ne comptabilisent en outre que les appareils ayant contacté le Play Store sur une fenêtre de sept jours. Reste qu'un score de 1 % au bout de quatre mois est difficile à enjoliver.

Les années de support sont une promesse; l'adoption est la livraison

Il nous semble que l'industrie se livre depuis des années à une course à la durée de support des téléphones. Plus c'est long, mieux c'est, évidemment. Mais une durée de support est une déclaration d'intention, et elle ne coûte rien jusqu'au jour où l'on en a besoin. C'est la vitesse d'adoption qui montre si la mécanique fonctionne: en combien de temps une version terminée passe de Google au constructeur, traverse opérateurs et certification, puis arrive sur votre téléphone.

À cette aune, le tableau est selon nous bien moins flatteur que le discours marketing. D'après Frandroid, Android 17 est disponible sur les Pixel, de nombreux Samsung Galaxy et quelques appareils de Xiaomi, Oppo, OnePlus, Nothing et Sony. « Quelques » et « nombreux » portent ici une lourde charge. Pour la plupart des gens, le dernier Android reste quelque chose qui arrive sur le téléphone des autres.

Notre avis: si une marque annonce « sept ans de mises à jour » mais que son modèle phare attend des mois chaque version majeure, la promesse n'est tenue qu'à moitié. Les correctifs de sécurité comptent, et ils arrivent peut-être à l'heure, mais les fonctions que Google met en avant chaque année n'ont d'intérêt que si elles parviennent à l'utilisateur tant qu'elles sont encore nouvelles.

Qui doit ressentir la pression

Google a sa part de responsabilité. Le groupe contrôle la plateforme, le calendrier et les règles de certification, et un tableau de répartition qu'il ne publie plus lui-même n'est pas, à notre avis, un signe de confiance. Publier de nouveau les parts par version, idéalement par constructeur, serait une incitation peu coûteuse et puissante. Rien ne motive une équipe produit comme un classement public.

Viennent ensuite les constructeurs. Samsung, avec tant de modèles Galaxy concernés, fait probablement partie des marques dont le rythme de déploiement pèse le plus sur ce chiffre. Nous aimerions voir les marques afficher, à côté des années de support, un engagement du type « mise à jour majeure dans les X semaines suivant sa sortie ». C'est une promesse plus difficile à tenir, et c'est précisément pour cela qu'elle aurait un sens.

Il y a aussi une vérité inconfortable pour les utilisateurs: la longue traîne des vieux téléphones n'est pas seulement une question de logiciel. Beaucoup de gens gardent leur appareil pendant des années, ne voient jamais de notification de mise à jour ou achètent un matériel qui n'aurait de toute façon jamais reçu la nouvelle version. Les 10,5 % encore sous Android 11 montrent à quel point cette traîne est tenace. De meilleurs déploiements ne suffiront pas à la résorber.

Que retenir

Si vous choisissez un téléphone, posez une seconde question après « combien d'années ? »: en combien de temps la dernière mise à jour majeure de cette marque est-elle arrivée ? Regardez la version précédente, pas la diapositive. Cet historique est le meilleur indicateur de ce que vous recevrez.

Quant à l'industrie, le verdict est simple. Les années de support étaient un bon premier pas, mais c'est désormais le minimum attendu. La prochaine course devrait porter sur la vitesse, et tant qu'Android 17 ne dépasse pas nettement 1 %, Google et ses partenaires n'ont pas mérité les applaudissements.

Sujets de débat

Aucun sujet pour l’instant : lancez le premier.

Plus d'articles